<?xml version="1.0" encoding="utf-8"?>
<feed xmlns="http://www.w3.org/2005/Atom" xml:lang="fr">
  
  <title>Éclats de pensée</title>
  <subtitle>Éclats de pensée : critiques, humeurs, foi et textes intimes.</subtitle>
  <link href="https://eclats-de-pensee.be/feed.xml" rel="self" />
  <link href="https://eclats-de-pensee.be/" />
  <updated>2026-10-21T12:00:00Z</updated>
  <id>https://eclats-de-pensee.be/</id>
  <author>
    <name>Éclats de pensée</name>
  </author>
  <entry>
    <title>Un tour de manège mélancolique</title>
    <link href="https://eclats-de-pensee.be/textes/veence-hanao-manege/" />
    <updated>2026-10-21T12:00:00Z</updated>
    <id>https://eclats-de-pensee.be/textes/veence-hanao-manege/</id>
    <content type="html">&lt;p&gt;Parfois, le hasard fait bien les choses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour moi, c&#39;était avant-hier en attendant les transports en bas de chez moi, bonnet et casque vissés sur la tête avant de m&#39;engouffrer dans le bus. Alors que jusque-là YouTube m&#39;avait proposé des morceaux de Lucio Bukowski et de L&#39;Animalerie que j&#39;apprécie, voilà que commence cette piste que je ne connaissais pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les premières secondes sont déroutantes – et pour être tout à fait honnête, pénibles, tant le son est cacophonique. Puis tout s&#39;harmonise, la mélodie se met en place et Veence Hanao m&#39;emporte au son de sa voix sur son manège, loin des tendances du rap mainstream, que ce soit dans la prod ou les paroles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et alors que défilent les façades grises de Bruxelles, des fragments me reviennent en tête : la pêche aux canards, le tir à la carabine, les pyramides de conserves et autres hot-dogs mal cuits viennent peupler le carrousel de ma mémoire, sur la petite musique du temps qui passe, me ramenant à cette époque où les factures et la paperasse n&#39;avaient pas encore chassé le monstre caché dans le placard de ma chambre d&#39;enfant, quand la vie était par pas mal d&#39;aspects plus simple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tirant sur les cordes de la mélancolie, Veence fait remonter la floche de l&#39;insouciance avant qu&#39;on ne puisse s&#39;en saisir, fier de repartir pour un tour, nous rappelant que le temps passe, chacun portant son lot d&#39;espoir, de souvenirs et de regrets, avec dans le miroir, le temps passé au loin, nous faisant un signe de la main lors d&#39;une fraction de seconde, d&#39;un battement de paupières.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis, comme la fête foraine ferme, chacun retournant à son existence, reprenant le rythme de sa vie, laissant les couleurs vives derrière soi, le morceau s&#39;arrête, me renvoyant au bruit de la carlingue du bus montant poussivement la pente, me renvoyant à mon quotidien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais mon trajet n&#39;est pas encore fini. J&#39;appuie quelques fois sur le bouton repeat, pour refaire un tour de manège et encore quelques fois caresser la floche glissant entre mes doigts. Je ne l&#39;ai pas attrapée, mais je me dis que ce serait dommage de ne pas vous en faire profiter et de vous donner une occasion d&#39;attraper ce trophée de laine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Veence Hanao, « Manège » : &lt;a href=&quot;https://www.youtube.com/watch?v=6oMCCxYJHbk&quot;&gt;https://www.youtube.com/watch?v=6oMCCxYJHbk&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bonne écoute 😊&lt;/p&gt;
</content>
  </entry>
  <entry>
    <title>Zucky the baddy</title>
    <link href="https://eclats-de-pensee.be/textes/zucky-the-baddy/" />
    <updated>2026-10-21T11:00:00Z</updated>
    <id>https://eclats-de-pensee.be/textes/zucky-the-baddy/</id>
    <content type="html">&lt;p&gt;En vrai, est-ce que le virage viriliste de Zuckerberg surprend quelqu&#39;un ? Pour moi, c&#39;est peut-être l&#39;un des rares sujets entourant la réélection de Trump qui peuvent prêter à sourire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le patron de Meta, qui depuis plus d&#39;une décennie s&#39;était autoproclamé défenseur des diversités dans le plus pur pinkwashing lénifiant, a prouvé que, quand on sert Mammon, on n&#39;a que faire des convictions, et on va dans la direction du vent – en l&#39;occurrence le vent mauvais qui souffle depuis la Maison Blanche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et ce retournement de veste est tout sauf une réussite. Alors que durant des années il avait sa dégaine de premier de la classe avec des t-shirts gris, il se montre soudainement avec des cheveux plus longs, des t-shirts oversize et de grosses chaînes, ou en train de s&#39;entraîner au MMA avec son coach particulier. Il nous le dit, il faut revenir de cette « société émasculée » !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sauf que ce que notre cher Mark n&#39;a pas l&#39;air d&#39;avoir compris, c&#39;est que sa mue, à l&#39;image de l&#39;ado à la voix improbable, sonne tout sauf crédible. Tel le gamin de bonne famille qui vient à l&#39;école avec un survêt sur lequel y&#39;a marqué « Obey », alors qu&#39;il redoute toujours autant les gros yeux de ses parents, Zuckerberg veut faire le prouveur et crier à qui veut l&#39;entendre que maintenant c&#39;est un bonhomme, un vrai de vrai !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais comme notre ado exemplatif, y&#39;a rien qui va chez Zucky : au-delà de sa nouvelle dégaine digne de Michel Leeb voulant se déguiser en rappeur, le physique ne suit pas, le frérot a toujours son allure de phasme sous ses chaînes en or.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ensuite, les vidéos des entraînements qu&#39;il partage me font plus rire qu&#39;autre chose : on est dans une mise en scène grotesque. Un indice : si quelqu&#39;un, durant un entraînement, a le temps de faire le couillon devant la caméra, c&#39;est qu&#39;il ne s&#39;entraîne pas sérieusement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et puis sérieusement, les publis où il explique qu&#39;il s&#39;est blessé à l&#39;entraînement car « le MMA, c&#39;est dur ! »... Bah comment dire ? Quelqu&#39;un lui a expliqué que dans « sport de combat », y&#39;a « combat » et que oui, parfois, on se prend des châtaignes à l&#39;entraînement ? Parce que là on pourrait s&#39;attendre à ce qu&#39;il ait fait des publis pour dire qu&#39;on peut se couper ou se brûler en cuisine s&#39;il avait pris des cours...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et enfin, quant aux valeurs masculines... franchement, j&#39;ignorais que taper son meilleur sprint entre le parking de Mar-a-Lago et le salon de réception pour se prosterner servilement devant le nouveau chef d&#39;État était viril. Chez moi, et à plus forte raison quand on retourne sa veste plus vite qu&#39;un politicien en période électorale et qu&#39;on change de valeurs comme de chemise, ça tient plus de la perfidie qu&#39;autre chose.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Zuckerberg n&#39;est pas devenu le bonhomme viril qu&#39;il prétend être, il est juste un ado edgy qui veut se faire valider par les caïds de la cour de récré.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et encore, je pense qu&#39;il n&#39;a jamais eu de valeurs, ce qui, d&#39;une certaine manière, est encore pire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La virilité, c&#39;est pour moi tout autre chose. La virilité, c&#39;est l&#39;assertivité, assumer qui on est, ce qu&#39;on fait, la résilience, le courage, protéger et servir les gens qu&#39;on aime. Et disons-le en passant, une femme peut très bien être virile, ces valeurs ne dépendent pas de ce qu&#39;on a entre les jambes, mais de ce qu&#39;on a au cœur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et dans le même ordre d&#39;idées, faire le couillon dans un octogone ne fait pas de vous une personne virile. Mark n&#39;a pas choisi de s&#39;adonner sérieusement à une discipline, il veut juste flatter son ego.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rosa Parks était virile, Gisèle Halimi était virile, Dietrich Bonhoeffer était viril, Antonio Gramsci était viril, Luther King était viril, Malala Yousafzai est virile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Zuckerberg est un tocard pété de thunes qui, pour assurer sa position, a courbé l&#39;échine devant un parvenu et jeté ses anciennes convictions sous le bus pour se faire bien voir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et pour terminer sur une note plus légère, comme dirait Booba : &amp;quot;Tu dis partout qu&#39;tes une terreur/Chez nous on t&#39;trouve super sympa&amp;quot; 🤡&lt;/p&gt;
</content>
  </entry>
  <entry>
    <title>Et si l&#39;Esprit y soufflait aussi…</title>
    <link href="https://eclats-de-pensee.be/textes/esprit-souffle/" />
    <updated>2026-10-21T10:00:00Z</updated>
    <id>https://eclats-de-pensee.be/textes/esprit-souffle/</id>
    <content type="html">&lt;p&gt;La cérémonie d&#39;ouverture des JO de Paris 2024 a marqué les esprits, voire l&#39;histoire. Thomas Jolly et ses équipes ont orchestré un spectacle magistral où expertise technique et vision artistique se sont conjuguées avec audace, donnant un résultat flamboyant, suivi en direct par plus de deux milliards de personnes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la majorité a apprécié les différents tableaux, certains ont suscité des réactions plus réservées, voire choquées. Parmi ces réactions, de nombreux chrétiens se sont montrés troublés par des scènes comme celle du Festin des Dieux, perçue par certains comme une parodie de la Cène, ou encore la performance de Gojira à la Conciergerie, reprenant l&#39;air révolutionnaire « Ah ! Ça ira ! ».&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne blâme pas ceux qui ont été choqués ou offensés par ces tableaux. Notre sensibilité varie en fonction de notre environnement et de nos parcours de vie. Même si je ne partage pas ces ressentis, il est important de les écouter et d&#39;engager un dialogue, afin de lever les malentendus et de favoriser une meilleure compréhension mutuelle. La seule condition pour un tel échange est que les personnes outrées ne sombrent pas dans le rejet de l&#39;autre ou dans des appels à la violence. Il est également essentiel d&#39;apporter ses propres lectures et interprétations dans ce type de discussions, afin de proposer d&#39;autres perspectives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne vais pas parler du tableau du Festin des Dieux ; d&#39;autres que moi, plus compétent·e·s sur les questions LGBT et/ou la mythologie gréco-romaine, l&#39;ont déjà fait. Je me concentrerai sur la performance de Gojira, en avançant cette thèse : leur représentation, ancrée dans l&#39;imaginaire révolutionnaire de 1789, peut avoir un sens bien plus évangélique qu&#39;on ne le pense, et pousse également à un examen critique de nos représentations mentales des textes bibliques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce tableau s&#39;ouvre sur une figure fantomatique et inquiétante : celle d&#39;une aristocrate décapitée, visible à une des fenêtres de la Conciergerie. Beaucoup y ont spontanément reconnu Marie-Antoinette, chantant « Ah ! Ça ira ! » comme l&#39;entonnaient les révolutionnaires. La scène s&#39;élargit ensuite à l&#39;ensemble du bâtiment, révélant les quatre membres de Gojira perchés à différents endroits, entamant leur performance par un roulement de batterie comparable au tonnerre, suivi de riffs de guitare, avant qu&#39;une voix gutturale n&#39;apparaisse, alternant entre « Ah ! Ça ira ! » et « Mea Culpa », le tout accompagné de jets de flammes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La performance entre dans un second temps lorsque la voix se tait, et que la batterie cesse ses roulements, laissant place à un riff de guitare plus mélodique. La batterie reprend ensuite, sur un tempo plus lent, pour accompagner l&#39;entrée en scène d&#39;une nef factice. Cette dernière, rappelant l&#39;emblème de Paris, est dirigée par Marina Viotti, cantatrice franco-suisse reconnue, habillée comme une sans-culotte, qui chante alors : « Ah ! Ça ira ! Réjouis-toi ! / Ah ! Ça ira ! Le beau temps viendra ! », poing levé.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un troisième temps voit Gojira reprendre le thème musical central de la performance, et les voix de Marina Viotti et Joe Duplantier, chanteur de Gojira, se mêler. Duplantier clame en anglais :  « Let’s rejoice, good times will come / Without fear for fire or flame! / No ! » avant que le morceau ne s&#39;achève.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si certains chrétiens y ont vu une glorification de la violence, de la mort, voire du satanisme, je pense au contraire qu&#39;on y retrouve des thèmes porteurs d&#39;espoirs évangéliques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Abordons d&#39;abord le seul point problématique que je reconnais volontiers : la présence de l&#39;aristocrate décapitée, bien éloignée de l&#39;amour du prochain et de la réconciliation prônés par le Christ.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, se limiter à cette interprétation revient à négliger un aspect fondamental : la Bible est un recueil choral, écrit par des hommes, qui reflète tous les aspects de l&#39;humanité, des plus beaux aux plus sombres, incluant l&#39;esclavage, le meurtre, et les violences sexuelles. De même, l&#39;histoire humaine est remplie de cette gamme complète d&#39;actions, et il n&#39;est pas surprenant que Thomas Jolly ait choisi de représenter l&#39;aspect négatif de la violence révolutionnaire, contraire à ce qui était initialement voulu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et pourtant, je pense que ce point négatif peut être sublimé, comme je vais le développer plus loin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Examinons maintenant les paroles de la performance et relevons quelques points saillants, tant sur le fond que sur la forme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout d&#39;abord, l&#39;usage exclusif du futur : le propos est tourné vers l&#39;avenir. Je propose un parallèle qui tient plus de la conjecture que de l&#39;analyse rigoureuse, mais en hébreu, le futur appartient au domaine du « yiqtol », le paradigme de l&#39;inaccompli, également utilisé dans les textes juridiques, et très proche de l&#39;impératif, lui aussi utilisé dans la performance. Dans les textes juridiques et prophétiques de l&#39;Ancien Testament, le yiqtol et l&#39;impératif sont utilisés pour porter l&#39;espoir. Les massacres de la Révolution, bien que des faits accomplis, n&#39;en sont ni la finalité, ni l&#39;intention initiale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ensuite, le distique « Ah ! Ça ira ! / Mea Culpa ! » qui revient tout au long de la performance. Cette idée de confiance en l&#39;avenir, comparable aux Béatitudes, s&#39;accompagne de la contrition du « Mea Culpa », un thème central dans la foi chrétienne, cher aux protestants des courants dits historiques, en particulier aux luthériens. Le croyant sait qu&#39;il est sauvé en tant que pécheur. C&#39;est en contemplant le Christ en croix que l&#39;on comprend qu&#39;Il a pris nos péchés pour nous offrir la grâce dans un « joyeux échange ». Et en prenant conscience de cela, on se confesse spontanément pécheur et, en même temps, on est sauvé ! Confesser sa culpabilité est donc la manière la plus authentique de se déclarer chrétien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Troisièmement, les vers chantés par Marina Viotti et Joe Duplantier, qui annoncent l&#39;arrivée de beaux et bons temps, tutoient selon moi les perspectives eschatologiques judéo-chrétiennes, que ce soit par un retour à l&#39;Éden, qui répond au thème de l&#39;écologie omniprésent dans l&#39;œuvre de Gojira, ou du Paradis à la Jérusalem céleste conçue par Dieu, telle qu&#39;annoncée à la fin du Nouveau Testament, dans l&#39;Apocalypse. Le volet des bons temps à venir rappelle également le Sermon sur la Montagne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, le vers &amp;quot;without fear for fire or flame!&amp;quot; est, pour moi, le plus évocateur. Si le feu est synonyme de danger dans la vie quotidienne, il a des sens plus positifs dans les Écritures : que ce soit le buisson ardent ou la colonne de feu qui guide le peuple hébreu dans la nuit lors de l&#39;Exode, ou lors de la Pentecôte, où l&#39;Esprit de Dieu touche sous la forme de langues de feu les apôtres, leur conférant de nombreux charismes. Le feu peut aussi avoir chez Karl Barth un sens plus ambivalent, représentant lors du Jugement un passage douloureux, mais purificateur, qui nous lave de nos fautes pour ensuite nous faire vivre dans la joie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce point ouvre pour moi une dernière piste de réflexion, en lien avec la thématique de l&#39;aristocrate décapitée. J&#39;ai mentionné l&#39;Esprit de Dieu dans le paragraphe précédent. Dans les Écritures, il est souvent comparé à un souffle, qui donne la vie dans la Genèse, et peut ressusciter, comme dans Ézéchiel, où les ossements, par le souffle de Dieu, se réassemblent et reprennent chair.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est aussi dit dans le Symbole de Nicée-Constantinople, dans sa christologie, que le Christ reviendra juger les vivants et les morts. Et si nous voyons ce jugement dans une perspective luthéro-réformée, quoi de plus logique que de voir les trépassés, même morts de manière violente, réunis avec les vivants, tous jugés au bénéfice de la grâce, rappelant les paroles de réconciliation d&#39;Ésaïe, où le loup habitera avec l&#39;agneau ; et plus encore l&#39;épître de Paul aux Galates, où il déclare qu&#39;en Christ, il n&#39;y a plus ni homme libre ni esclave, ni femme ni homme, ni Juif ni Grec… et ni révolutionnaire, ni aristocrate, ni victime, ni bourreau, ai-je envie d&#39;ajouter. Sur le plan théologique, nous sommes à la fois pécheurs et justifiés, et sur le plan historique, persécuteurs et persécutés. L&#39;horizon de la grâce ne se vit pleinement que dans le pardon des fautes, semées comme une mauvaise herbe tout au long de l&#39;histoire humaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je suis conscient que cette interprétation est très personnelle, mais elle est faite avec sincérité et veut montrer qu&#39;une lecture apaisée fait ressortir d&#39;autres significations. À ma connaissance, ni Thomas Jolly ni Gojira ne croient en Dieu, et leur prestation vise à donner une légitimité au métal, prouvant qu&#39;il est un genre musical riche et varié, digne d&#39;apparaître dans les JO. Mais tout comme les auteurs des textes bibliques se sont inspirés de leur quotidien pour penser leur rapport à Dieu, j&#39;ai médité sur cette performance pour voir ce qu&#39;elle pouvait nous rappeler de notre foi. Je crois que mon interprétation est plus féconde que celles, pessimistes, qui y voient du satanisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, même si cette chanson n&#39;a aucune prétention théologique, j&#39;aime à penser que si j&#39;ai pu lui trouver une telle lecture, c&#39;est que l&#39;Esprit de Dieu souffle… surtout là où on l&#39;attendrait le moins !&lt;/p&gt;
</content>
  </entry>
  <entry>
    <title>Choose life</title>
    <link href="https://eclats-de-pensee.be/textes/choose-life/" />
    <updated>2026-10-21T09:00:00Z</updated>
    <id>https://eclats-de-pensee.be/textes/choose-life/</id>
    <content type="html">&lt;p&gt;&lt;em&gt;Trainspotting&lt;/em&gt; est un film qui a marqué son temps. Sorti en 1996, il a fait de Danny Boyle, alors simple réalisateur prometteur, un des grands noms du cinéma anglo-saxon, voire du cinéma tout court (son huitième film, &lt;em&gt;Slumdog Millionaire&lt;/em&gt;, sera oscarisé en 2009).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout projet de suite est un pari risqué. À une époque où réalisateurs et producteurs, plutôt que de prendre le risque d&#39;écrire un véritable scénario original (&lt;em&gt;Star Wars VII&lt;/em&gt;, c&#39;est à toi que je pense), tablent sur un risque minimal avec du fanservice à la louche, l&#39;annonce de &lt;em&gt;Trainspotting 2&lt;/em&gt; m&#39;a laissé sceptique. Je le sentais vraiment moyen pour &lt;em&gt;T2&lt;/em&gt; (petit nom pour &lt;em&gt;Trainspotting 2&lt;/em&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#39;un côté, pas moyen de raconter une histoire originale. &lt;em&gt;T2&lt;/em&gt; repose sur ses personnages, pas sur un univers. Pas moyen de faire du spin-off ou d&#39;autres conneries fantaisistes « méta ». D&#39;autre part, difficile de ne pas tomber dans le fanservice bête et méchant, la référence à deux balles, le caméo poussif ou autre facilité débile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et pourtant, Danny Boyle, qui n&#39;a décidément pas volé son succès, a réussi son pari.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais avant de parler de &lt;em&gt;T2&lt;/em&gt;, revenons rapidement à son grand frère, &lt;em&gt;Trainspotting&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;Piqûre de rappel&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Trainspotting&lt;/em&gt;, c&#39;est l&#39;Écosse de l&#39;époque Thatcher, du néolibéralisme sans retenue (rien de neuf, en somme...) et l&#39;histoire d&#39;une poignée de jeunes paumés/camés/marginaux : David « Spud » Murphy, Simon « Sick Boy », Francis Begbie et Mark Renton, ou « Rent-boy ».&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#39;histoire nous est contée à travers les yeux de Rent-boy, chômeur d&#39;une vingtaine d&#39;années accro à l&#39;héroïne qui, tantôt, essaie de décrocher (sans trop de conviction), tantôt, saute dans les ennuis à pieds joints (sans mauvais jeu de mots). Il nous raconte son quotidien de loser, ses (més)aventures – notamment avec les filles –, ses embrouilles diverses, et explique comment il choisit de se tirer de cette vie de paumé en trahissant ses amis (auxquels, finalement, il ne tenait pas tant que ça). Pour la faire simple, il se barre avec les 16 000 £ de bénéf&#39; obtenus en ayant revendu de l&#39;héroïne avec ses « potes », ne laissant qu&#39;un quart du montant à Spud qui, dans le fond, n&#39;est pas méchant (juste très, très con).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La voix off est le procédé narratif principal. Mark est très passif : il subit ses amis, ses addictions, sa relation de « couple » avec une lycéenne mineure délurée, sa libido aléatoire, et bien sûr ses désintoxications successives. Ce n&#39;est qu&#39;à la fin du film qu&#39;il choisit « la vie », d&#39;où le monologue culte d&#39;ouverture et de fermeture du film, connu de tout cinéphile digne de ce nom :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&quot;https://www.youtube.com/watch?v=t0D4ekTODuA&quot;&gt;https://www.youtube.com/watch?v=t0D4ekTODuA&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour la faire courte, ce film est une véritable tuerie. L&#39;histoire est délirante, ses personnages le sont tout autant, de même que la musique et certains plans hallucinés. Ce que font les protagonistes est absolument pété, et il n&#39;y a aucun exemple à en tirer. Le coup de génie du film, c&#39;est de parler d&#39;un sujet grave (des fois que des gens se poseraient la question : non, être accro à l&#39;héro n&#39;est pas un bon plan) et de ses conséquences (sida, morts, sevrages difficiles, impact sur la vie des proches, …) au travers des yeux d&#39;une bande de branleurs qui se marrent bien, garrot au bras. Ce décalage constant, mi-doux mi-amer, fait tout le sel de l&#39;œuvre. Les protagonistes ne réalisent pas qu&#39;ils traînent dans un milieu glauque. Vous, par contre, oui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce film, dans le fond, c&#39;est une tranche de vie, sans ancrage dans le passé, ni objectif fixé dans le futur. Le film s&#39;arrête quand Mark se tire avec l&#39;argent, choisissant d&#39;avoir une vie…&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si je dois conseiller un film sur l&#39;héroïne et ses ravages, le choix est fait. &lt;em&gt;Basketball Diaries&lt;/em&gt; est sympa, mais moins marquant. Quant à &lt;em&gt;Requiem for a Dream&lt;/em&gt;... S&#39;il vous plaît, respectez-vous, regardez de vrais films, enfin ! Pas cette espèce d&#39;hybride contre-nature né de l&#39;union improbable entre &lt;em&gt;Twilight&lt;/em&gt; et une campagne de prévention toute naze. &lt;em&gt;Trainspotting&lt;/em&gt; vous fera rire aux éclats et passer un bon moment, mais vous mettra aussi quelques taquets bien sentis derrière la nuque, le genre à vous donner envie de mener une vie saine.&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;Retour sur le lieu du crime&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;T2&lt;/em&gt; s&#39;ouvre sur le retour de Rent-boy à Leith, banlieue miteuse d&#39;Édimbourg, où il recroise Spud et Sick Boy, à la fois heureux et furieux de revoir celui qui leur a volé les bénéfices de leur vente de stupéfiants. Au même moment, Begbie s&#39;évade de prison. Oh, et accessoirement, il rumine sa rancœur à l&#39;encontre de Mark. Depuis vingt ans. Et l&#39;enverrait bien six pieds sous terre, s&#39;il pouvait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trigger Warning : cette critique risque de spoiler certains éléments de l&#39;intrigue. Rien d&#39;important, tout ce que je décris plus bas est dévoilé dans les quinze premières minutes du film. Mais si vous voulez vous « préserver », sautez directement à la conclusion !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le film va tourner autour de ces « retrouvailles », et de toutes les formes qu&#39;elles vont prendre : accolades fraternelles, bagarres de poivrots, tentative de meurtre dans un parking ou... ouverture d&#39;une maison close.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#39;idée, c&#39;est celle de Sick Boy, toujours dans les plans foireux. Il a besoin de thunes et ses affaires de chantage ne marchent pas comme il voudrait, sa « gagneuse/copine » (avec qui il n&#39;a pas de relations sexuelles) ne voulant plus se prêter au jeu. Et il doit impérativement lever des fonds. Mark, quant à lui, est au fond du gouffre : sa copine l&#39;a abandonné après 15 ans de vie commune et sa boîte, en pleine fusion, le jette dehors car il n&#39;a pas les compétences requises. Spud balance entre héroïne et envies suicidaires, sa femme et son fils ne voulant plus entendre parler de lui. Tous les trois vont se retrouver à taffer dans ce projet vaseux de maison close, Veronika (la « copine » de Simon) servant en quelque sorte de trait d&#39;union entre eux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, Begbie tente de reprendre une vie de famille « normale » suite à son évasion. Les événements l&#39;amèneront à recroiser ses anciens « amis ».&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que &lt;em&gt;T1&lt;/em&gt; faisait dans la tranche de vie, &lt;em&gt;T2&lt;/em&gt; invite à un autre regard. Les personnages (et acteurs, ce sont les mêmes que dans &lt;em&gt;T1&lt;/em&gt; !) ont vieilli, changé. Et ils ont leurs fantômes avec eux. Ce ne sont plus des gamins, juste des quadras paumés traînant les boulets de leurs souvenirs passés et de leurs échecs présents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous ont des rapports amoureux ou familiaux dysfonctionnels, complètement foireux. Ce thème, inexistant dans &lt;em&gt;T1&lt;/em&gt;, occupe une place assez importante dans &lt;em&gt;T2&lt;/em&gt;. Avant, ils s&#39;en foutaient. Maintenant, ils ne sont plus seuls. Ils sont pris dans des relations pour le meilleur... et surtout le pire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre thème central : la nostalgie. Pour nos quadras paumés, le passé a un goût de magie. Et même s&#39;ils ont leur lot de regrets et de démons à assumer, ils ne peuvent s&#39;empêcher de repenser à leur enfance et à leur adolescence, et de remuer tous ces souvenirs plus ou moins douteux qui les lient à jamais : le premier fix dans un parc public, cette fois où Begbie avait roué de coups un mec dans les toilettes d&#39;un bar pour lui prendre son portefeuille, la fuite de Rent-boy avec les 16 000 £, …&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;Madeleine de Proust&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le présent de nos losers n&#39;est rien, seul compte le passé. Ce passé insouciant où seule l&#39;héroïne comptait. Ce passé est tellement présent que les protagonistes n&#39;arrivent pas à parler d&#39;eux-mêmes sans revenir sans cesse à l&#39;« avant ».&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J&#39;ai lu plusieurs avis sur &lt;em&gt;T2&lt;/em&gt; avant d&#39;écrire cette critique. De nombreux commentaires démolissent le personnage de Veronika, qualifié de plat et d&#39;insipide, bien loin de la délurée et cynique Diane. Je ne suis pas d&#39;accord.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car Veronika, à qui Simon et Mark racontent (complètement bourrés) leurs histoires, leurs souvenirs, leurs colères et leurs tranches de rire, est justement la balise qui relie passé et présent. C&#39;est grâce à la présence de Veronika dans la trame que la relation entre Sick Boy et Rent devient limpide : ils s&#39;aiment et se haïssent à la fois. C&#39;est de la bromance passionnelle ! Ce personnage se devait d&#39;être lisse. Veronika, c&#39;est un peu le « jeune » de 18-20 ans qui découvre &lt;em&gt;T2&lt;/em&gt; sans avoir vu &lt;em&gt;T1&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La nostalgie des personnages est servie par une mise en scène toujours aussi réussie et un montage très bien pensé. Merci à Boyle d&#39;avoir réussi le bon dosage de séquences et d&#39;incrustations d&#39;images de &lt;em&gt;T1&lt;/em&gt; dans &lt;em&gt;T2&lt;/em&gt;, et d&#39;avoir opté ici et là pour ce grain façon 8 mm donnant une photographie « rétro », nostalgique. Un peu comme de vieilles images d&#39;archives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand &lt;em&gt;T2&lt;/em&gt; revient sur le passé, c&#39;est toujours à bon escient, pas pour faire plaisir à des cohortes de fanboys en leur jetant des références faciles à la tête (oui &lt;em&gt;Star Wars&lt;/em&gt;, c&#39;est encore à toi que je pense). On est dans le registre de la réminiscence, pas de la surenchère à outrance.&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;La musique, fix de nostalgie&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Et puis, il y a la bande-son. Je ne vais pas gâcher le suspense, c&#39;est à peu de choses près une repompe de celle de &lt;em&gt;T1&lt;/em&gt;. Mais encore une fois, c&#39;est bien fait, de manière subtile. Allez, un bête exemple : si vous avez vu &lt;em&gt;T1&lt;/em&gt;, vous connaissez « Born Slippy .NUXX » :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&quot;https://www.youtube.com/watch?v=F_VbqvWRCkI&quot;&gt;https://www.youtube.com/watch?v=F_VbqvWRCkI&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne sais pas ce qu&#39;il en est pour vous, mais ce morceau me fait toujours penser à &lt;em&gt;T1&lt;/em&gt;. Les deux sont indissociables. Boyle le sait. Mais comme pour les images de &lt;em&gt;T1&lt;/em&gt;, il l&#39;utilise avec subtilité, en saupoudrant telle ou telle séquence nostalgique avec la ligne de basse, l&#39;une ou l&#39;autre note. Vous n&#39;aurez jamais le morceau en tant que tel. Seulement son empreinte, son souvenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nostalgie, nostalgie… tout ce petit monde a besoin de la musique pour se rattacher à ce passé tant regretté, pour tenir le coup. Des unionistes protestants réunis dans leur pub loyaliste chantant des hymnes anticatholiques (ah, la scène du « No more Catholics ! » improvisé par Rent et Sick Boy, ce grand moment de rigolade !) aux jeunes reprenant en chœur « Radio Ga Ga » de Queen lors d&#39;une grosse soirée dans une boîte de nuit déjà vue dans &lt;em&gt;T1&lt;/em&gt;, tout transpire la recherche d&#39;un passé perdu, mais surtout idéalisé.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette question de la recherche du passé est centrale dans &lt;em&gt;T2&lt;/em&gt;. La quête évoquée dans le film appartient-elle seulement à Rent-boy, Spud, Sick Boy et Begbie, ou reflète-t-elle plus généralement la volonté de notre société tout entière de retrouver un « paradis perdu » ? Cette recherche est-elle par ailleurs limitée à notre seule génération ? Ne s&#39;agirait-il pas d&#39;une quête perpétuelle ? J&#39;entrouvre là la porte à des débats interminables et à des possibilités de branlette intellectuelle sans fin...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Faites-en ce que vous voulez.&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;Conclusion : &lt;em&gt;Trainspotting 2&lt;/em&gt;, une suite qui ramène à son point de départ&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Trainspotting 2&lt;/em&gt; est très bon. Il est excellent. Ne fût-ce que pour l&#39;humour et la mise en scène. Car le film est très drôle et, de manière générale, regorge d&#39;idées sympa et originales, comme les SMS qui s&#39;affichent à l&#39;écran (joli contraste avec les séquences nostalgiques façon 8 mm).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la drôlerie et la mise en scène font-elles pour autant un film culte ? La réponse est simple : non. &lt;em&gt;T2&lt;/em&gt; n&#39;est pas culte. C&#39;est une réflexion sur &lt;em&gt;T1&lt;/em&gt;, et une invitation à le revoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sa richesse relève de ses différents degrés de lecture. Au premier degré, il évoque un buddy movie invitant simplement à la détente. Au second degré, c&#39;est un retour sur &lt;em&gt;T1&lt;/em&gt;. Au troisième degré, c&#39;est une réflexion sur le temps qui passe et sur la place de l&#39;homme dans le monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;T2&lt;/em&gt; ne pouvait pas être aussi délirant, fantasque et pété que son grand frère, ça n&#39;aurait pas collé. Les personnages ont leurs fardeaux, et doivent vivre avec. Oh, il reste des fulgurances très bien amenées, mais le film est globalement plus grave, « sérieux », solennel. Dans &lt;em&gt;T2&lt;/em&gt;, pas de voix off. Mark ne subit plus, il agit. Il prend parfois (souvent) des décisions foireuses et incongrues, mais il n&#39;est plus ce chômeur défoncé en permanence. Il a un bagage, un passé. Et même si au final tout le ramène vers la banlieue pourrie d&#39;où il s&#39;était extirpé, il n&#39;est plus le Rent-boy de &lt;em&gt;T1&lt;/em&gt;. C&#39;est un homme entre deux âges. Avec un passé qui tantôt le hante, tantôt lui file le blues, mais plus un gamin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si &lt;em&gt;T2&lt;/em&gt; avait été un remake qui ne dit pas son nom (coucou &lt;em&gt;Star Wars&lt;/em&gt; !), ç&#39;aurait été un navet. Boyle l&#39;a compris. Il nous a pondu une suite. Pas une suite qui s&#39;inscrit dans la chronologie des événements, mais qui prend place dans le temps qui passe. Et toute l&#39;astuce est là.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces deux films forment une paire indissociable : &lt;em&gt;T2&lt;/em&gt; ne sera jamais aussi délirant que &lt;em&gt;T1&lt;/em&gt;, mais il vous permettra d&#39;encore mieux apprécier &lt;em&gt;T1&lt;/em&gt;, avec un message en toile de fond : Choose life !&lt;/p&gt;
</content>
  </entry>
  <entry>
    <title>Au pied du mur</title>
    <link href="https://eclats-de-pensee.be/textes/au-pied-du-mur/" />
    <updated>2026-10-20T00:00:00Z</updated>
    <id>https://eclats-de-pensee.be/textes/au-pied-du-mur/</id>
    <content type="html">&lt;p&gt;Et me voilà dans le premier texte pour ce site. Pas le premier que j&#39;aie écrit dans ceux que je compte publier, mais le premier qui ouvre la danse, après avoir annoncé la couleur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J&#39;ai cadré le projet avec Eleventy, sorte de pied de nez à mon apprentissage web : je code, par plaisir mais aussi par nécessité pour moi. Et sans devoir me plier aux singeries des stacks à la mode, des autorécits &amp;quot;inspirationnels&amp;quot; et &amp;quot;orientés résultats&amp;quot; qui ont un succès factice sur LinkedIn, étrange réseau où un geste du quotidien devient un événement exceptionnel, une révélation, comme si toutes ces personnes se pensant transfigurées n&#39;avaient pas trouvé l&#39;interrupteur pour arrêter de briller aux yeux d&#39;un vase clos dans lequel résonne l&#39;écho de paroles vides.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aussi, pas de runs scrum ou d&#39;impératif AGILE ou de discours corporate. J&#39;utilise et choisis mes outils pour moi, pas pour un recruteur auquel je dois jouer de la flûte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#39;ailleurs, tant mieux, je suis un très mauvais joueur de flûte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ici, ce sera ce que je sais faire et peux/veux partager, pour de vrai, parce que je le veux. Et cette raison se suffit à elle-même. Comme le rappe Lucio Bukowski dans &lt;em&gt;Acte V, scène I&lt;/em&gt;, ici on est du gang de Søren Kierkegaard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais n&#39;empêche, ça va bien cinq minutes de fanfaronner, mais la montagne est toujours là. Et il faut la gravir. Oh, je ne vais pas faire comme Rousseau qui prétendait, fanfaronnant à tout va, tout livrer, au point de pleurer très très fort sur son veston.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N&#39;empêche, ces bouts de texte, ça va aussi me mettre un peu à nu, me montrer, parfois être un peu vulnérable. Ainsi soit-il.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais non, Thomas, je ne te montrerai pas mes plaies ouvertes et purulentes, et je te laisserai encore moins y toucher. Je vais me contenter de parler – en l&#39;occurrence, d&#39;écrire – et tu devras t&#39;en contenter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout ne devra pas parler à tout le monde. Mais si un fragment quelconque de ce qu&#39;on trouvera ici touche une personne parmi toutes celles qui liront ces pages, c&#39;est que j&#39;aurai atteint mon objectif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et moi, mon objectif personnel, ce sera de comprendre la nécessité de partager mes écrits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La suite arrive.&lt;/p&gt;
</content>
  </entry>
</feed>