Au pied du mur
Et me voilà dans le premier texte pour ce site. Pas le premier que j'aie écrit dans ceux que je compte publier, mais le premier qui ouvre la danse, après avoir annoncé la couleur.
J'ai cadré le projet avec Eleventy, sorte de pied de nez à mon apprentissage web : je code, par plaisir mais aussi par nécessité pour moi. Et sans devoir me plier aux singeries des stacks à la mode, des autorécits "inspirationnels" et "orientés résultats" qui ont un succès factice sur LinkedIn, étrange réseau où un geste du quotidien devient un événement exceptionnel, une révélation, comme si toutes ces personnes se pensant transfigurées n'avaient pas trouvé l'interrupteur pour arrêter de briller aux yeux d'un vase clos dans lequel résonne l'écho de paroles vides.
Aussi, pas de runs scrum ou d'impératif AGILE ou de discours corporate. J'utilise et choisis mes outils pour moi, pas pour un recruteur auquel je dois jouer de la flûte.
D'ailleurs, tant mieux, je suis un très mauvais joueur de flûte.
Ici, ce sera ce que je sais faire et peux/veux partager, pour de vrai, parce que je le veux. Et cette raison se suffit à elle-même. Comme le rappe Lucio Bukowski dans Acte V, scène I, ici on est du gang de Søren Kierkegaard.
Mais n'empêche, ça va bien cinq minutes de fanfaronner, mais la montagne est toujours là. Et il faut la gravir. Oh, je ne vais pas faire comme Rousseau qui prétendait, fanfaronnant à tout va, tout livrer, au point de pleurer très très fort sur son veston.
N'empêche, ces bouts de texte, ça va aussi me mettre un peu à nu, me montrer, parfois être un peu vulnérable. Ainsi soit-il.
Mais non, Thomas, je ne te montrerai pas mes plaies ouvertes et purulentes, et je te laisserai encore moins y toucher. Je vais me contenter de parler – en l'occurrence, d'écrire – et tu devras t'en contenter.
Tout ne devra pas parler à tout le monde. Mais si un fragment quelconque de ce qu'on trouvera ici touche une personne parmi toutes celles qui liront ces pages, c'est que j'aurai atteint mon objectif.
Et moi, mon objectif personnel, ce sera de comprendre la nécessité de partager mes écrits.
La suite arrive.